La médecine médiévale chapitre 2

Comment sauvait-on nos ancêtres ?

Lorsque vous tombiez d’une échelle dans l’antiquité, dégringoliez l’escalier de l’auberge au Moyen-Age, ou quand vous buviez la tasse à la Renaissance, qui venait vous porter secours ? Quels étaient les gestes d’urgence de l’époque ? Comment vous guérissait-on lorsque vous tombiez malade ?

Panacéa vous propose une rétrospective des gestes d’urgence et de la médecine en général à travers les âges.

Les épidémies au Moyen âge

L’hygiène au Moyen âge n’existe pas. Entendons-nous bien, les gens se lavent, il se parfument, se coiffent, on croque même des graines de cumin pour avoir une haleine fraiche, mais on ne pense pas au microbes, aux bactéries et aux germes, qui n’ont pas encore été découverts. En effet, contrairement aux romains qui étaient particulièrement tatillon sur l’eau, au Moyen âge on se laisse un peu aller.

L’eau est une denrée rare, on la puise à la fontaine ou au puit quand on est chanceux, ou sinon on va faire un tour à la rivière ou on attend la prochaine averse pour la récolter. Mais, de manière générale on mélange eaux claires et eaux usées.

Ainsi par exemple « les cabinets d’aisance » se trouvent au grenier  et les productions corporelles tombent droit dans la rue où l’on jette également les ordures (À savoir : on fait mention pour la première fois de parapluies, en Europe, dans une œuvre du 17ème siècle, autrement dit les piétons vivaient dangereusement).

Le but étant que tous ces déchets soient évacués par la rigole au milieu de la rue, puis dans la rivière, le fleuve ou le cours d’eau du coin (la boucle est bouclée). Néanmoins, peu de rues sont pavées et des mares putrides s’accumulent à de nombreux endroits.

À la même époque, la démographie augmente dans les villes, multipliant ces pratiques quotidiennes qui sont la porte ouverte aux épidémies.

Et autant dire qu’il ne faisait pas bon vivre au Moyen âge, sans antibiotique et vaccin.

Les deux grandes gagnantes de l’époque sont la peste et la lèpre. Et si aujourd’hui les films catastrophe surfant sur les attaques virologiques ou les bactéries mutantes passionnent le public, il suffit de jeter un coup d’œil au Moyen âge pour voir qu’ils ont eu leur « Contagion » et leur « Walking dead » sans effets spéciaux.

La peste :

Prenons un exemple :

Vous êtes un jeune citadin bien portant, cordonnier de son état, nommé Maxendre. Jusqu’à présent vous avez échappé au pire, mais voilà comme souvent c’est disette. Il faut dire qu’à l’époque on dépend beaucoup des récoltes de céréales et on stocke peu ou pas. Du coup, quand elles sont mauvaises et bah on mange ses mains mais surtout on tombe malade.

En effet, les rats courent les rues et avec eux la bacille. Et là…ça tourne en film d’horreur : La peste !

Alors il y en a plusieurs, selon les goûts, la bubonique ou la pulmonaire, mais dans l’ensemble le résultat est le même : on meurt en trois jours ou on regarde ses voisins en chien de faïence en se demandant qui sera le prochain.

Dans l’hypothèse ou vous avez été assez chanceux pour survivre, vous avez sûrement vu votre entourage se dépeupler. En effet, la grande peste noire a décimé 25 millions de personnes en Europe. Pour faire face à la catastrophe, on libère les condamnés qui sont chargés de récupérer les corps dans des charrettes précédées de clochettes et on tue les animaux pour éviter la propagation. Vous faites d’ailleurs toujours le deuil de Médor et Grosminet.

Personne ne veut plus s’approcher des malades, y compris les médecins qui s’aspergent de vinaigre pour repousser la maladie. Mais bon, ce n’est pas vraiment une grande perte car ils ne proposent de toute façon que saignées et lavements. Désespéré, vous décidez de fuir la ville, mais sur votre chemin vous ne croisez que des villages déserts aux volets fermés. Quand on ne meurt pas de la peste, on meurt de la famine.

Finalement, vous avez survécu, mais ne criez pas victoire trop tôt ! En effet, les épidémies de peste se répètent plusieurs fois pendant le Moyen âge. Car,  comme on attribue leur cause à la conjonction de certaines planètes et non aux conditions d’hygiène, on n’est pas prêt de voir une amélioration.

La Lèpre :

La seconde grande maladie du Moyen âge est la Lèpre. Elle est causée par une bactérie s’attaquant aux nerfs périphériques, à la peau et aux muqueuses. C’est l’une des plus anciennes épidémies et les lépreux sont les grands exclus de la société médiévale.

Prenons un exemple :

vous êtes de nouveau ce malheureux Maxendre. Vous avez survécu à la peste mais le destin n’est pas de votre côté. Ainsi, vous vous réveillez un matin avec une tumeur, une dartre, ou une tache blanche, qui ressemble à une plaie de lèpre.

Si on connaît tous l’expression : « choisir entre la peste et le choléra », sachez que la lèpre figure également sur le podium. Car au Moyen âge, on ne rigole pas avec la Lèpre. Autant vous dire que vous venez d’atterrir au club des « LéonLaPoisse » et directement dans le carré VIP.

Vous voilà donc trainé chez le prêtre qui, après avoir jeté un coup d’œil à votre épiderme, va vous isoler pendant sept jours avant de statuer sur votre condition.

Sept jours plus tard, les jeux sont faits et rien ne va plus ! Vous êtes officiellement déclaré lépreux. Et autant dire qu’on ne fait pas dans la dentelle avec cette appellation officielle.

Tout d’abord, on vous organise une cérémonie mortuaire. Bah oui, autant dire directement que vous êtes mort vu qu’il n’y a aucun traitement. La bible donne bien moult conseils pour éviter la Lèpre mais de toute évidence, vous vous êtes planté quelque part.

Bref, on vous colle un drap noir sur la tête et on fait une belle cérémonie où on annonce que ça y est vous êtes mort. Après ce charmant interlude, on vous donne un habit de lépreux brodé d’un cœur ou une patte d’oie sur l’épaule pour que tout le monde sache bien que vous êtes un pestiféré. On vous donne aussi une cliquette ou crécelle que vous devez agiter tous les dix pas le jour et en permanence quand vous vous déplacez la nuit, histoire de prévenir vos anciens voisins de votre immonde arrivée et de leur éviter ainsi de vous rentrer dedans. Et pour parfaire ce charmant trousseau, on vous donne une écuelle. Tout ça a bien sur eu lieu sur le parvis de l’église pour ne vous épargner aucune humiliation. Enfin on plante une croix devant votre nouvelle hutte, bien loin de toute âme qui vive. C’est désormais là qu’on vous jettera de la nourriture de loin.

Par ailleurs, vous n’avez plus le droit de voyager, d’approcher les enfants, de toucher les gens ou les produits destinés à la vente, de rentrer dans les lieux publics, d’approcher d’un point d’eau et surtout, et c’est le plus fun, vous devez vous placer sous le vent quand vous adressez la parole à quelqu’un.

Vous avez perdu tout espoir ? Vous ne devriez pas ! Après tout, les erreurs médicales sont légions à cette époque et malgré un tableau bien sombre des connaissances médicales de cette période, les soignants d’hier sont aussi surprenants d’ingéniosité en ce qui concerne les remèdes, pour le meilleur comme pour le pire. C’est ce que nous verrons au chapitre suivant.

ABK

Conceptrice rédactrice

 

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