La médecine médiévale chapitre 1

Comment sauvait-on nos ancêtres ?

Lorsque vous tombiez d’une échelle dans l’antiquité, dégringoliez l’escalier de l’auberge au Moyen-Age, ou quand vous buviez la tasse à la Renaissance, qui venait vous porter secours ? Quels étaient les gestes d’urgence de l’époque ? Comment vous guérissait-on lorsque vous tombiez malade ?

Panacéa vous propose une rétrospective des gestes d’urgence et de la médecine en général à travers les âges.

Partie 2 : La médecine médiévale

Chapitre 1 :  La nuit générale

Les invasions barbares sonnent la fin de l’empire romain et de ses connaissances.

En effet, même si on arrive à sauver quelques écrits dans des monastères, on assiste à un véritable retour en arrière. En effet, la première partie du moyen âge est marqué par un manque de connaissance qui conduit à des pratiques gouvernées par la superstition et la religion.

Avec la montée de l’église qui possède toutes les richesses et donc les leviers de décision, c’est le retour du divin médecin et de la vision de la maladie comme une fatalité céleste.

En résumé si vous contractez une angine, c’est bien fait pour vous ! Vous avez dû pécher, ou alors c’est que Dieu teste votre foi en vous infligeant cette épreuve. Le fait que vous ayez fait une chevauchée sous une pluie glacée la veille n’a bien entendu aucun rapport.

Mais comment se soigne-t-on lorsque l’on n’est pas un riche seigneur ? Eh bien on a le choix.

Les différents types de médecins

Tout d’abord, il y a les médecins profanes (devins, sorciers, ermites…), bien que ces derniers ne font souvent pas long feu (c’est le cas de le dire) car ils sont régulièrement brulés vifs par l’église. Il y a également la médecine raisonnée, exercée par certains cultes monastiques et qui se font l’écho des anciennes pratiques gréco-latines.

Et finalement, il y a le médecin cultuel qui prend soin de votre âme et qui soigne par la prière et les miracles.

Les aventures de Max 

Prenons un exemple, vous vous nommez Maximilien et vous avez une éruption cutanée assez importante qui entraine de sacrées démangeaisons qui vous empêchent de dormir la nuit et vous rendent chèvre à toutes les heures du jour!

Aussi, c’est avec les yeux cernés et la démarche hagarde que vous grimpez sur votre âne pour vous rendre chez l’ermite du village. Il a été excommunié il y a un mois pour sorcellerie et la rumeur veut que le bûcher n’attende plus que lui. Néanmoins, étant donné vos moyens, c’est le seul médecin que peut se permettre votre bourse. Vous lui exprimez votre problème alors qu’il vous observe d’un drôle d’air dans sa maison pleine de fumées étranges et où les étagères croulent sous des bocaux aux contenus cauchemardesques. Très vite il rend son verdict : l’influence de Mars et la position de Jupiter favorisent l’apparition des maux pour les personnes nées durant la dernière gelée d’hivers ! Aussi, il vous prépare un remède spécial de vers de terre cuits dans de la graisse d’oie… (miam !)

Après avoir récité deux ou trois formules plus ou moins en latin en vous collant un caillou sur le front (un rubis magique selon lui), il vous promet une guérison rapide. Vous rentrez chez vous avec votre remède et le cœur au bord des lèvres, mais avec l’espoir de retrouver une vie normale.

Deux semaines plus tard, votre état ne s’améliore pas et vous cauchemarder chaque nuit à propos de lombrics se tortillant dans votre estomac. De plus, l’église a mis fin aux activités de votre ermite en le transformant en barbecue sur la place du village.

Aussi, vous quittez femme et enfants et vous rendez avec Cadichon (votre âne) jusqu’au monastère le plus proche. Car si l’église considère que la maladie est une épreuve divine, les bénédictins, les moines de Cluny, de Cîteaux ou de Clairvaux, voient le fait de soigner et de soulager le malade comme un acte de miséricorde. Ainsi, à cette époque presque tous les monastères ont une infirmerie. Les moines y pratiquent la médecine d’Hippocrate et de Galien (ou du moins les bribes qui ont pu être sauvées) et cultivent des remèdes à base d’herbes qui sentent drôlement meilleurs que la purée d’asticots. Vous y passez quelques temps et votre état s’améliore. Certes vous n’avez jamais autant pris de bain et l’eau est si claire que vous pouvez voir vos orteils. Rien à voir avec l’eau boueuse qui vous sert à faire vos ablutions mensuelles. Vous passez vos journées à boire des infusions d’orties, de pissenlits et de pensées sauvage. On vous fait même des cataplasmes de mouron blanc pour vous soulager. Finalement, les plaques qui vous tourmentaient disparaissent tout comme les démangeaisons et vous pouvez rentrer chez vous avec Cadichon, frais comme un gardon.

Malheureusement, un mois plus tard vous êtes à nouveaux couvert de plaques. Le prêtre du village est formel : vous êtes en proie au malin ! Votre mal est celui de l’âme et vous devez implorer le saint du village pour trouver la guérison. C’est la médecine cultuelle.

Aussi, vous allez donc un soir, fatigué et désespéré vous enfermer dans l’église avec d’autres malheureux et implorer le saint des lieux de vous accorder la guérison. On prie toute la nuit et on boit la poussière du tombeau dilué dans un peu d’eau, puis on se frotte sur la grille de l’église, car tout dans ces lieux a un pouvoir de guérison, de l’autel aux cierges. Après tout, le fils de votre voisin n’a plus de maux d’estomac depuis qu’il y a passé une nuit à prier et à attendre un miracle. Il paraît même qu’il a vu une sainte apparition et son père jure que ce n’était pas la fièvre.

Néanmoins, c’est légèrement frustré que vous en ressortez le matin avec un vieux goût de moisi dans la bouche, le pissenlit était plus plaisant. Épuisé mais plein d’espoir, vous attendez le miracle avec ferveur.

Une semaine plus tard, vous constatez que Dieu vous a oublié et les démangeaisons qui vous réveillent la nuit vous poussent vers l’hérésie. On passe donc au niveau supérieur : le pèlerinage ! Vous partez donc sans Cadichon, car un pèlerinage se fait à pied, avec le désespoir pour seul compagnon. Alors qu’une averse vous prend par surprise vous tentez de penser aux objets souvenirs que vous pourrez acheter sur place plus qu’au danger qui guette le pèlerin solitaire. Haut les cœurs ! Après tout, il reste encore la pénitence en cas d’échec.

Vous l’aurez compris : la médecine durant la première partie du moyen âge est plus qu’hasardeuse. Quand à ses remèdes et ses gestes de soins, ils peuvent être cauchemardesques comme nous le verrons lors du prochain chapitre.

ABK

Conceptrice rédactrice

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