La médecine sous l’Antiquité chapitre 1

Comment sauvait-on nos ancêtres ?

Lorsque vous tombiez d’une échelle dans l’Antiquité, dégringoliez l’escalier de l’auberge au Moyen-Age, ou quand vous buviez la tasse à la Renaissance, qui venait vous porter secours ? Quels étaient les gestes d’urgence de l’époque ? Comment vous guérissait-on lorsque vous tombiez malade ?

Panacéa vous propose une rétrospective des gestes d’urgence et de la médecine en générale à travers les âges.

Et pour ouvrir cette saga, nous nous concentrerons en premier lieu sur l’Antiquité.

Partie 1 : La médecine sous l’Antiquité

Chapitre 1 : la médecine civile

 C’est la vie !

Tout d’abord, il faut savoir que pendant longtemps on considérait que s’il vous arrivait une tuile, c’était le destin qui vous réclamait et que l’homme n’avait rien à y faire. Autrement dit, on était super à cheval sur les rituels funéraires, mais beaucoup moins sur la manœuvre d’Heimlich lorsque vous avaliez un os de pintade.

Néanmoins, certains étaient plus avancés que d’autres.

Aesculapium : institution médicale civile :

C’est l’équivalent antique du cabinet médical. On les trouve d’abord en Grèce, puis à Rome. Ce sont des sanctuaires de guérison sous la protection du dieu Asclépios fils d’Apollon et dieu de la médecine. Pour la petite histoire, Asclépios a fini foudroyé par Zeus pour avoir joué à « Zombieland » en ressuscitant des morts. Puis il est devenu la constellation du serpentaire. Son emblème est donc le serpent et vous allez voir que dans les Aesculapium, on ne plaisante pas avec la symbolique !

Prenons donc un exemple :

Vous êtes un jeune romain du IIIème siècle avant JC, nommé Maximus, et vous vous trainez une toux caverneuse depuis des semaines. Vous faites donc la queue avec les autres pèlerins devant l’Aesculapium pour espérer vous faire soigner. Une fois admis, c’est un véritable programme. Tout d’abord, pour espérer la guérison, vous devez en premier lieu y dormir une nuit.

Mais attention, dans votre dortoir on laisse des serpents non venimeux ramper au sol, pour faire plaisir à Asclépios.

Puis, au petit matin, on vous demande d’aller voir le prêtre pour lui raconter vos rêves fiévreux. Quand vous avez fini de délirer à propos de votre cauchemar sur les colonnes antiques qui se mettent à ramper, on vous propose d’aller faire un tour aux bains pendant qu’on sacrifie un innocent poulet pour votre salut. Voilà vous êtes guéri !

Vous devez donc votre salut au bon vouloir d’une entité divine transformée en rôti par Zeus puis en petites étoiles, qui est fan des serpents et à laquelle on a sacrifié une volaille pendant que vous faisiez des ablutions.  On est donc très loin de la rationalisation scientifique et on ne jure que par le divin.

Heureusement, Hippocrate va tout changer !

La médecine civile grecque… :

Celui que nous devons tous remercier pour sa clairvoyance est Hippocrate. Il est considéré comme le père de la médecine et a permis de s’émanciper du facteur divin. En refusant de lier la maladie au sacré, comme si cette dernière était une punition des dieux. Il est notamment l’un des premiers à avoir théorisé sur la médecine d’urgence : « Il faut profiter de l’occasion, si l’on porte secours, avant qu’elle n’échappe : on sauvera le malade pour avoir su en profiter ».

Sa théorie des humeurs va influencer toute la médecine grecque et créer une école de pensée.

Selon Hippocrate, le corps est composé des quatre éléments que sont l’eau, le feu, l’air et la terre. La maladie intervient quand un déséquilibre se crée. Il est vrai qu’à première vue on croirait le pitch du « cinquième élément », mais, avec cette idée de vivre une vie saine et équilibrée, Hippocrate a ouvert la voie à de nombreuses médecines.

Il prend soin d’interroger le patient et de poser un diagnostic. Quant à ses interventions elles sont pleines de prudence et sont une aide à la guérison naturelle. Avec Hippocrate, tout est dans la retenue et la compréhension de l’état du patient.

Oh ! Bien sûr, tout le monde ne roule pas dans le sens du progrès. Ainsi, quelques années après Hippocrate, Caton l’ancien continuait d’affirmer que la médecine était une décadence et ne jurait que par le chou, qui, selon lui, était un remède miracle à tous les maux.

La Grèce est donc le berceau de la médecine moderne, mais ce qui va surtout permettre à la médecine grecque de se développer à travers le monde se sont les chaines de l’esclavage ! En effet, la soumission de la Grèce par l’empire romain va tout changer.

…et son appropriation par les romains :

Les premiers médecins romains sont des esclaves grecs et ils vont tout chambouler, car si les romains sont très performants au niveau militaire, ils sont loin de briller en médecine.

À cette époque, à Rome, la médecine exercée dans le cadre privé est de la responsabilité du père de famille.

Face à une telle approche du soin, la médecine grecque, bien plus invasive et scientifique, suscite beaucoup de méfiance.

Les médecins grecs sont d’ailleurs qualifiés par les romains du doux nom de « carnifex », soit « boucher ».

Ils pratiquent la saignée et la cautérisation. Ils posent également des ventouses, font de la chirurgie, trépanent, opèrent des abcès et même la cataracte.

Néanmoins, tout n’est pas à jeter dans les pratiques romaines. Ainsi, leur petite obsession pour l’hygiène et en particulier l’eau va permettre d’empêcher la propagation des maladies. En effet, si on est encore loin d’avoir découvert le lien de causalité entre les germes et la maladie, les romains ont compris l’importance de la salubrité publique.

De même, leur tendance à annexer les territoires voisins va leur permettre de mettre la main sur Alexandrie et sa grande bibliothèque. Ils vont donc avoir accès à un savoir particulièrement important.

On peut donc penser qu’avec l’arrivée des médecins grecs la santé publique romaine va faire un bon en avant !

Oui et non, car si les grecs ont de réelles connaissances en médecine, pendant longtemps devenir médecin ne nécessite aucun diplôme.

Ainsi, à cette époque, je peux décider de me lever un beau matin et de m’auto proclamer médecin, puis d’aller louer mes services à mes voisins, même si je ne connais pas tous les noms des doigts de ma main.

C’est pourquoi, la médecine privée est souvent vue d’un mauvais œil et synonyme de charlatans et de marchandages.

Par ailleurs, les riches ont des médecins riches, formés à l’art de guérir et les pauvres des médecins pauvres qui sont souvent également coiffeurs ou vendeurs de produits cosmétiques et de remèdes miracles ! On est donc loin de l’enseignement d’Hippocrate.

Avec cette médecine à deux vitesses, votre santé dépend donc de votre portefeuille.

Comment la médecine romaine a-t-elle pu progresser ?

Il est vrai qu’à la fin de la République, le statut des médecins grecs s’améliore et ils s’imposent définitivement au Ier siècle à la même période où apparaissent les écoles de médecine qui rencontrent un franc succès. Ces dernières sont organisées selon des principes généraux, empiriques, méthodiques, éclectiques ou en mettant en avant un moyen curatif ou diététique tels que l’hydrothérapie et la gymnastique…

Par ailleurs, le militaire va jouer un rôle très important, car, après tout, rien de mieux qu’une bonne bataille pour devoir réfléchir à arrêter une hémorragie, refermer une plaie ou retirer une flèche !

ABK

Conceptrice rédactrice

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